Graffiti n. m. Griffonnage, grattage ou gribouillis, à caractère souvent satirique ou caricatural, porté sur les murs des édifices antiques et, par extension, celui figurant sur n'importe quel mur. Les moyens techniques employés dans l'exécution des graffitis sont des plus rudimentaires : outils de fortune, ongles, qui laissent néanmoins une trace indélébile. Pour les archéologues et les paléographes, le terme " graffiti ", d'origine italienne, sert à distinguer les inscriptions populaires cursives des inscriptions officielles, formelles, trouvées sur les monuments antiques. En général, on distingue les graffitis des pictogrammes, de la gravure, de la peinture sur des parois de grottes (chez les peuples sans écriture et les peuples préhistoriques), car ces expressions constituent alors l'essentiel des manifestations graphiques officielles. Comme l'ont montré les archéologues et les préhistoriens, les graffitis relèvent de la tradition de l'art paléolitique. Des signes sexuels abstraits (flèches, bâtonnets, points, triangles, cercles, losanges, etc.) s'associent aux représentations de certains animaux. Il existe aussi des expressions gratuites et plus ou moins irréfléchies que l'on peut qualifier de graffitis. Dans d'autres sociétés possédant une organisation culturelle complexe, les graffitis jouent également un grand rôle. En Éthiopie, comme l'a montré l'ethnologue français Marcel Griaule, les graffitis représentent des rites et une mythologie propre à l'Église copte. Ils ont pour sujet le diable, saint Sébastien, des prêtres, des chantres, etc. Dans les pays bouddhistes, et notamment au Népal, les graffitis peuvent avoir une signification religieuse. Certaines de ces représentations figurent l'acte sexuel.

Dans les villes contemporaines, s'est développé un mode d'expression pictural, le " tag ", qui se trouve à la frontière entre le graffiti et l'œuvre d'art. Produits le plus souvent par des marginaux, ces dessins s'apparentent à des signatures inscrites illicitement sur les murs.